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TVA Dropshipping France : Guide complet pour les vendeurs

Le dropshipping depuis la Chine ou d'autres pays crée des obligations TVA particulières. Voici comment naviguer dans cette complexité sans risquer un contrôle fiscal.

Introduction : Le dropshipping, un modèle sous haute surveillance fiscale

Le dropshipping a explosé ces dernières années. Pas de stock à gérer, pas de logistique complexe, des marges attractives... Sur le papier, c'est le business model idéal. Mais côté TVA, c'est un champ de mines.

L'administration fiscale a bien compris l'ampleur du phénomène et a renforcé ses contrôles. Les plateformes comme AliExpress, CJDropshipping ou Alibaba sont dans le viseur. Et derrière elles, ce sont les e-commerçants français qui sont ciblés.

Alerte contrôle fiscal

En 2023, plus de 40% des contrôles fiscaux e-commerce concernaient des activités de dropshipping. Les montants redressés dépassent régulièrement les 50 000€, auxquels s'ajoutent pénalités et intérêts de retard.

Les trois configurations TVA du dropshipping

Selon la valeur de vos colis et votre organisation, les règles changent complètement.

Configuration 1 : Colis ≤ 150€ avec IOSS

Le régime IOSS (Import One-Stop Shop) est conçu pour les petits colis importés. Il vous permet de collecter la TVA au moment de la vente et de la reverser via une déclaration unique.

Avantages :

  • Le client ne paie aucun frais de douane à réception
  • Expérience d'achat fluide
  • Gestion TVA simplifiée

Conditions :

  • Valeur intrinsèque du colis ≤ 150€
  • Inscription au régime IOSS obligatoire
  • Mention du numéro IOSS sur chaque colis
150€seuil IOSSValeur maximale par colis

Configuration 2 : Colis ≤ 150€ sans IOSS

Si vous n'êtes pas inscrit à l'IOSS, la TVA est collectée par le transporteur ou le service postal à l'arrivée en France.

Conséquences :

  • Le client paie des "frais de douane" à réception (TVA + frais de dossier)
  • Mauvaise expérience client
  • Taux de refus de colis élevé
  • Vous perdez la maîtrise du parcours client

Configuration 3 : Colis > 150€

Au-delà de 150€, le régime IOSS ne s'applique plus. Les droits de douane et la TVA sont systématiquement collectés à l'importation.

Deux options :

1DDP (Delivered Duty Paid) : Vous prépayez TVA et droits de douane. Le client reçoit son colis sans surprise.
2DAP (Delivered At Place) : Le client paie à réception. Risque de refus élevé.

Recommandation

Pour les produits > 150€, privilégiez toujours le DDP. Les frais supplémentaires sont largement compensés par la réduction des refus et retours.

Le piège du stock en transit

Certains dropshippers utilisent des entrepôts intermédiaires en Europe (souvent en Belgique, Pays-Bas ou Allemagne) pour accélérer les livraisons. Attention : cela change tout.

Quand le stock en transit crée des obligations

Si vos produits sont stockés (même temporairement) dans un autre pays européen avant expédition vers le client final, vous n'êtes plus en dropshipping pur. Vous avez une obligation de :

  • Immatriculation TVA dans le pays de stockage
  • Déclarations locales de TVA
  • Intrastat pour les mouvements de stock

Exemple concret :

Vous vendez depuis la France, votre fournisseur stocke en Belgique. Quand il expédie vers un client français :

1Mouvement Belgique → France = acquisition intracommunautaire
2Vente France → Client = vente locale française
3Vous devez être immatriculé en Belgique ET en France

La question cruciale : Qui est l'importateur ?

En dropshipping, la responsabilité de l'importation dépend de votre contrat avec le fournisseur et de la configuration logistique.

Scénario A : Vous êtes importateur

Le fournisseur expédie "ex works" ou FOB. Vous êtes responsable de l'import. Vous devez :

  • Déclarer les importations
  • Payer ou prépayer la TVA à l'import
  • Tenir un registre des importations

Scénario B : Le client est importateur

Le fournisseur expédie directement au client final. Techniquement, le client est l'importateur. Mais attention :

  • Le client peut refuser le colis
  • L'expérience client est dégradée
  • En cas de contrôle, l'administration peut requalifier l'opération

Position de l'administration

L'administration considère souvent que le e-commerçant qui organise la vente et encaisse le paiement est le "véritable" importateur, même si le colis est expédié directement au client. Cette requalification peut entraîner un redressement sur plusieurs années.

Les erreurs qui coûtent cher

Erreur n°1 : Ne pas déclarer la TVA collectée

Vous vendez 100€ TTC à un client français. Vous devez reverser 16,67€ de TVA (100 / 1,20 × 0,20). Pas 0€ parce que "c'est du dropshipping".

Erreur n°2 : Confondre prix d'achat et valeur déclarée

La valeur en douane n'est pas votre prix d'achat fournisseur. C'est la valeur transactionnelle complète. Sous-déclarer est une fraude douanière.

Erreur n°3 : Ignorer les obligations déclaratives

Même si vous pensez ne pas devoir de TVA, vous avez des obligations déclaratives :

  • Déclaration CA3 mensuelle ou trimestrielle
  • Déclaration d'échanges de biens (DEB) si applicable
  • Déclaration IOSS si inscrit

Erreur n°4 : Mélanger perso et pro

Recevoir des colis fournisseurs à votre adresse personnelle, payer avec votre carte perso... L'administration adore ces situations. Elles prouvent l'absence de rigueur et justifient un contrôle approfondi.

40%des contrôles e-commerceConcernent le dropshipping

Comment sécuriser votre activité dropshipping

1. Inscrivez-vous à l'IOSS

Si vous vendez des produits ≤ 150€, l'IOSS est quasi-indispensable. L'inscription prend quelques semaines via impots.gouv.fr.

2. Choisissez bien vos fournisseurs

Travaillez avec des fournisseurs capables de :

  • Mentionner votre numéro IOSS sur les colis
  • Fournir des factures conformes
  • Gérer correctement les déclarations douanières

3. Tracez chaque vente

Pour chaque transaction, conservez :

  • La facture fournisseur
  • La preuve de paiement
  • Le numéro de tracking
  • La facture client
  • La preuve d'encaissement

4. Utilisez un outil de conformité

Le dropshipping génère des volumes importants de petites transactions. Impossible de tout suivre manuellement. NomadVAT identifie automatiquement :

  • Les ventes IOSS vs non-IOSS
  • Les anomalies de TVA
  • Les risques de requalification

NomadVAT et le dropshipping

NomadVAT analyse vos flux de vente et identifie les transactions à risque. Vous savez exactement ce que vous devez déclarer et où vous êtes exposé.

Conclusion : Le dropshipping légal est possible

Le dropshipping n'est pas illégal. Ce qui est illégal, c'est de ne pas respecter les règles TVA. Avec une bonne organisation et les bons outils, vous pouvez développer une activité dropshipping sereine et conforme.

La clé ? Anticiper, tracer, déclarer. Et surtout, ne jamais croire que "personne ne vérifie".